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 L'Islam

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Karajan67
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MessageSujet: L'Islam   Ven 22 Sep - 22:14

I- Mahomet et la révélation: Naissance de l'islam

Pour expliquer la naissance de l'islam et son développement, il faut bien sur avant tout s'interesser à la biographie du prophete Mahomet (ou en arabe Muhammad) son fondateur.

Parmi les fondateurs des grandes religions universalistes, il est celui que nous connaissons le mieux, grace notemment a d'abondantes sources. Le succés de l'islam ne saurait se résumer à sa biographie mais il est indéniable qu'elle y contribue.

Cependant avant d'aller plus loin je tiens a préciser que la biographie de Mahomet a donnée lieu a beaucoup de manipulations tendancieuses....

-Avant la Révélation:

On sait peu de choses sur la vie du prophete avnt la révélation, donnant lieu a nombres d'affabulations.

Mahomet serait donc né à La Mecque en 571 de notre ère, dans une famille de marchands de la tribu des Quraysh. La Mecque, ville située dans une zone aride ne subsistait que grace a ce commerce international et aux profits découlant du pélerinage à son temple local, la Ka'ba (cube remplis d'idoles, dont une pierre météorique).

http://www.coranix.com/101/kaaba.htm

Trés vite orphelin Mahomet fut recueillit par son grand-pére puis par son oncle. Participant des son plus age a des caravanes commerciales vers la Syrie notemment. Une fois en age de travaillé, il commença par garder des moutons puis fut embaucher par une riche veuve, Khadidja qui organisait elle aussi des caravanes. Au fil du temps Mahomet devint son homme de confiance et meme son mari... Devenu aisé et notable Mahomet adopta son cousin Ali et un esclave Zayd (un chrétien).
Homme intelligent Mahomet n'en état pas moins doté d'un tempérament nerveux, passionné, fiévreux, plein d'aspirations ardentes. Coté accentué par les privations de sa jeunesses et les frustrations de son mariage sans descendance male.
Insatisfait de sa situation dans le monde Mahomet regardait d'un oeil critique l'idéologie que lui proposat sa société (role de l'argent...)
A celà s'ajouttait la diffusion en Arabie des pratiques monothéistes par juifs et chrétiens. Elles étient auréolées du prestige de la "civilisation" supérieure des puissances voisines.
Mahomet s'instruisit de ces doctrines en interrogeant à la Mecque les chrétiens et les juifs locaux présents en petit nombre. Il faut ajouter a ce propos que les juifs disposaient surplace de centres riches et puissants organisées avec des intellectuels savants. Mahomet les fréquenta et apprit l'histoire biblique, non sans malentendus parfois.



-la Secte Mekkoise:

A l'image des ascetes chrétiens, Mahomet va prendre l'habitude de faires des retraites dans un caverne d'une montagne proche. Il y méditait en s'y livrant à des pratiques d'ascetisme.
Un jour, vers l'an 610, il eut une vision comme "comme le surgissement de l'aube", il entendu une voix, il vit, selon la tradition, l'archange gabriel (Djibril en arabe) qui lui transmettait des paroles de Dieu. D'abord effrayé, suspectant une manoeuvre de Satan, il s'habitua peu a peu a recevoir ces paroles, il les répéta à son entourage et, plus tard les dicta à un secrétaire. C'est notations écrites, plus tard mise en ordre devaient former le Coran "récitations" en arabe. Avec pour themes notemment la dénonciation des riches, des puissants avident de leurs richesses. On les adjure de se soumettre au Créateur unique et tout-puissant, Allah, qui leur demandera des comptes au jour terrible du jugement dernier. Ils devront suivre les conseils du modeste "avertisseur" qu'est Mahomet, se montrer humbles et justes, donner une part de leurs biens aux pauvres et aux orphelins.
L'appel de Mahomet convainquit d'abord sa maisonnéeet quelques amis, puis d'autres Mekkois de condition modeste, parmi les frustrés, les humiliés, avec aussi des jeunes animés d'un esprit de révolte contre leur milieu. autour de lui se forma une petite secte se livrant a des pratiques de piété, suscitant l'ironie, le mépris ou parfois al compassion.
Le passage à l'hostilité déclarée semble avoir suivi une tentative faite par Mahomet, inconsciemment semble-t-il, pour regagner l'estime de ses concitoyens en accordant quelque place à des divinités locales à cotés d'Allah que les Arabes reconnaissaient dejà comme un dieu parmis d'autres. Sa retractation aprés cette tentative parut une déclaration de guerre aux dieux, au sanctuaire, aux valeurs et aux interets de la cité. Il se posait en seul interprète autorisé des volontés divines, prétentions dangereuse meme sur le plan temporel.
Une persécution suivit qui frappa surtout les faibles de la secte, alors que les membres importants étaient protégés par leurs clans, meme opposés à leurs idées. La pensée du prophéte se développait, faisant référence aux écrits bibliques, et aux prophetes du passé. Mahomet introduisit la "salat" priere rituelle, accomplis plusieurs fois par jour en hommage au Créateur en se tournant vers Jerusalem selon la coutume juive et chrétienne.
L'année 619, marqua un tournant décisif, en effet moururent coup sur coup deux protecteurs de Mahomet: son oncle et sa femme. Maintenant en premiere ligne, Mahomet doit chercher refuge dans une oasis située à 350km au nord-ouest de la Mecque: Médine. Deux tribus arabes, les Aws et les Khazradj, s'y combattaient sans arretsavec l'appoint fluctuant de trois tribus juives qui y avaient installés un important centre intellectuel. Ces luttes continuelles faisaient tort à la culture des palmeraies et des champs dont tous tiraient leur subsistance. Des mandataires des deux tribus arabes conclurent un accord avec Mahomet. On l'accueillerait à Médine et il y rétablirait la paix, jouant un role d'arbitre inspiré de dieu dans les disputes tribales. Les fidèles mekkois (environ 70 hommes et femmes) partirent pour Médine. Les derniers Mahomet et son conseiller préféré Abu bakr, partirent en cachette, arrivant à Médine le 24 septembre 622. C'est l'année de l'Hégire (hidjra "émigration").


-L'Etat de Médine:

Mahomet révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire.
Il devait subvenir aux resources de la nouvelle communauté que formaient les emmigrés mekkois et les auxilliaires médinois qui se joignaient à eux. Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie où la notion d'Etat était inconnue. Mahomet envoya bientot des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du meme coup acquérant un riche butin. En mars 624, il remporta devant les puits de Badr une grande victoire sur une colonne mekkoise venue à la rescousse d'une caravane en danger. Cela parut à Mahomet une marque évidente de la faveur d'Allah.
Elle l'encouragea sans doute à la rupture avec les juifs, qui se fit peu à peu. Le prophete avait pensé trouver auprés d'eux un accueil sympathique, car sa doctrine monothéiste lui semblait trés proche de la leur. La charte précisant les droits et devoirs de chacun à Médine, conclue au moment de son arrivée, accordait une place aux tribus juives dans la communauté médinoise. Les musulmans jeûnaient le jour de la fete juive de l'Expiation. Mais la plupart des juifs médinois ne se rallièrent pas. Ils critiquèrent au contraire les anachronismes du Coran, la façon dont il déformait les récits bibliques. Aussi Mahomet se détourna-t-il d'eux. Le jeûne fut fixé au mois de "ramadan", le mois de la victoire de Badr, et l'on cessa de se tourner vers Jerusalem pour prier.
L'activité de Mahomet suscitait, au fur et à mesure qu'elle s'affirmait plus indépendante, l'opposition non seulement des paiens et des juifs mais aussi celle de Médinois qui avaient pourtant accepté la valadité de ses révélations. Ils étaient surnommés les "Douteux" ou les "Hypocrites". Fin stratége Mahomet va peu à peu supprimer les appuis de cette opposition.
On en assassina une partie des paiens et un grand nombre de juifs furent expulsés.
En mars 625, les Mekkois prirent leur revanche de Badr à la bataille de la colline d'Uhud aux porte de Médine. Mais ils n'exploitèrent pas leur succés. Notemment lors du siège de la ville qui devait suivre. Mahomet se revela plus habile, une fois de plus. Celui-ci recourut à une innovation militaire, inconnue dans cette partie de l'Arabie, le creusement d'un fossé pour les assaillants. Les Mekkois, mal préparés pour un siège, finirent par partir. Mahomet profita de ce succés pour éliminer de Médine les derniers juifs présent, en les faisant massacrer.
Son pouvoir était définitivement consolidé. Mahomet semblait invincible.
Pendant ce temps, ses idées avaient évolué, et la religion qu'il prêchait s'était nettement arabisée. Il se rattache directement à Abraham (Ibrahim) dont il découvert qu'il était l'ancêtre des Arabes par Ismael (Isma'il) aussi bien que des juifs (par Isaac), qu'il n'était ni juif ni chrétien, mais comme lui un monothéiste pur. Il s'agit pour les Arabes de retrouver cette foi, non de s'aligner sur les religions étrangères. A Ismael et à son père se trouve attribuée la construction de la Ka'ba, l'egnimatique maison située au centre du sanctuaire mekkois. Les générations postérieures sont accusées de l'avoir défigurée en y introduisant des idoles. La prière doit s'orienter maintenant vers la Ka'ba, qu'on espère libérer et épurer.
La révélation prend des positions nettement plus anti-juives, en insistant sur la personne de Jésus, "grand prophète" né d'une viege, non pas de Dieu. Les juifs sont accusées d'avoir calomnié sa mère et voulu le tuer, mais en vain car un fantome lui fut substitué sur la croix (enprunt à l'hérésie docétiste).
Mahomet est devenu un véritable chef d'Etat grace à son prestige religieux et à la force de ses disciples armés. La nouvelle communauté est pourvue par la Révélation de dispositions juridiques, par exemple sur les peines et les successions. La richesse du Prophète s'accroit par des dons et par sa perception du cinquième du butin. Il finit aussi par exiger des tribus vaincus des contributions régulières. Des pactes sont conclus avec de multiples tribus arabes qui, en même temps, font acte d'adhésion, souvent du bout des lèvres à l'islam. Peu à peu se constitue, plutot qu'un véritable Etat, toute une zone d'influence que Mahomet domine par des moyens surtout diplomatiques. Elle embrasse bientot toute l'Arabie.
Mahomet cherche surtout à attaquer obliquement sa ville natale et à l'isoler. Mais les Mekkois d'esprit politique comprirent bientot qu'ils avaient intéret à s'entendre avec lui, maintenant qu'il accordait une grande place à leur sanctuaire (cf. Ka'ba). En mars 628, il se présenta devant la Mecque avec une troupe non armée pour faire le pélerinage. Un pacte fut conclu remettant celui-ci à l'année suivante, mais stipulant une trêve de dix ans. En janvier 630 enfin, les armées musulmanes occupaient la ville à peu près sans opposition. Les derniers adversaires devaient se ralliaient, recevant en récompense de grosses parts de butin et de hautes fonctions.
Toute l'Arabie entrait rapidement dans ce quasi-Etat médinois, le système dirigé par Mahomet qui, imposant la cessation des razzias entre tribus, contraignait à chercher ailleurs de nouvelles ressources (je vous laisses deviner la suite...)



Des premières expéditions furent lancées sur les marches byzantines de Palestine, sans grand résultat.

Mahomet mourut de façon inattendue aprés une courte maladie, le 8 juin 632 à Médine. Ses conseillers surent prendre en man sa communauté et empecher la désagrégation et l'effondrement qu'on put craindre un moment. La glorification de Mahomet devait aller croissant aprés sa mort. Symbole de l'unité de la nouvelle foi, il se vit attribuer des charismes de plus en plus éminents, en particulier pour le placer au moins à égalité avec les fondateurs des autres religions.

ci-dessous: le tombeau de Mahomet



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Karajan67
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MessageSujet: Re: L'Islam   Sam 21 Oct - 19:00

II- L'Islam: une religion et ses courants

Aprés avoir vu la naissance de l'islam passons maintenant à l'étude, de la doctrine en elle-meme et des courants qui en découlent. En particulier le schi'isme et le sunnisme.
Mais avant celà il est utile d'enoncer quelques généralités

-Les généralités:

L'originalité de l'islam n'est pas dans sa doctrine ni dans son rituel, variantes adaptées du monothéisme judéo-chrétien teinter parfois de paganisme arabe.
L'organisation communautaire des fidèles est plus originale. Il s'agit, comme dans d'autres cas, d'une religion universaliste, ouverte à tous, meme si dans la période initiale, elle fut conçue comme une forme de monothéisme spécialement destinée au peuple arabe. Il en est resté le statut privilégié, quoique subordonnée, accordé dans les sociétés à direction musulmane aux juifs et aux chrétiens censés partager la meme foi fondementale, seuleument deformée par les hiérarchies cléricales. En regard, le polythéisme est une injure à Dieu qui mérite la mort.
Mais l'essentiel et le spécifique sont que la communauté (umma) des croyants forme un organisme global total, qui encadre tous ses membres à égalité, ceux-ci ayant les mêmes obligations pour la totalité de leur mode de vie, sans cellules monacales à obligations renforcées (comme dans le christianisme ou le bouddhisme) ni privilège à une descendance, meme adoptive (judaisme). Cet organisme global est, au départ, politico-religieux. Le Prophète, à Médine entre 622 et 632, au sein d'une contrée sans Etat, devait fournir à sa Communauté, sous l'inspiration divine, des directives aussi bien religieuses et morales que juridiques et politiques.
Le modèle d'origine n'a cessé de s'imposer aux musulmans comme idéal, alors meme que le noyau communautaire primitif était dilaté, par la guerre ou, parfois le prosélytisme pacifique, à des dimensions mondiales et que l'unité de direction devenait le plus souvent un mythe. L'empire unique du début, en meme temps, qu'il se fragmentait en Etats, voyait aussi les fonctions se spécialiser en son sein. Lentement la plupart des sujets rejoignaient la communauté spirituelle des dominateurs.

Ci-dessous une carte en espagnol (ils ne connaissent que trop bien le sujet) de l'expansion arabe aux VII et VIII èmes siècles.



Les divisions primordiales se produisirent donc sur les lignes fixées par les luttes pour la succession du Prophète, dans la direction globale (politico-religieuse) de la Communauté. Il fut admis, à la mort de Mahomet, qu'il aurait un successeur ou lieutenant (khalifa "calife") unique. Immédiatement, le choix majoritaire suscita une opposition, celle du gendre et cousin du Prophète, Ali. (Photo d'Ali ci-dessous, désolé pour la pub !)



Sa faction ou son parti, la shi'at'Ali, devenue le parti par excellence ash-shi'a (d'où le nom de schi'isme), l'imposa au pouvoir supreme aprés trois autres califes (Abou Bakr, Omar et Uthman). Mais son court règne (656-661), à la suite de l'assassinat de son predecesseur, fut secoué par des luttes entre factions. Aprés lui, qui fut également assassiné, le califat devint héréditaire sous couvert d'élections (par une minorité de notables) fictives.
Un parti avait, au départ, dénoncé comme impie la querelle de la succession. c'est celui des "séparatistes" (kharijiites), qui renvoyait dos à dos les adversaires. Les clivages originaux fournirent la matrice d'un processus millenaire de fragmentations par scissions. Les sectes et sous-sectes, produites à l'accoutumée par la convergence des ambitions et des propensions théorisantes, fournirent des structures militantes où pouvaient s'expimer toutes les tendances de la pensée, utilisables aussi bien par tous les groupes de pression, mobilisant les aspirations politiques et sociales les plus variées. Chaque groupe à eu son histoire, ses théoriciens, ses militants. Il s'est constitué une dogmatique dans le contexte de l'affrontement avec les autres groupes. Chacun se déclarait le véritable islam qui devait triompher un jour. On a hésité partout, mais beaucoup se sont décidés au takfir des autres partis, c'est-à-dire à les rejeter hors de l'islam, à les traiter de kafir (mécréants, polythéistes). On en est venu souvent à la lutte armée, révolutionnaire quand il s'est agi d'abattre le pouvoir en place, accusé rituellement d'impiété et d'oppression du peuple.
Les tendances majoritaires ont formés un bloc qu'on appelle le sunnisme. En principe, il s'agit de fidélité à la tradition, à la voie modèle (sunna) indiquée par le Prophète, mais toutes les sectes pretendent la suivre. Le schi'isme, fragmenté comme les autres tendances, est resté le plus souvent contestataire, dans un sens tantot quiétiste, tantot révolutionnaire. Une branche ou une autre est parvenue au pouvoir, parfois pour des siècles comme celle des isma'illiens sur un vaste territoire de 910 à 1171. L'énorme secousse produite par ce mouvement révolutionnaire, à un moment où les croisés attaquaient l'islam, a provoqué une reaction politique, idéologique et policière qui a rigidifié une orthodoxie sunnite, imposée par des dynasties turques. Ce sunnisme, resté dominant, a d'ailleurs admis en son sein comme également légitimes des écoles juridiques et rituelles divergentes. A l'opposée, le schi'isme devait devenir en Iran (1502) durablement, une religion d'Etat avec la conversion de la masse du peuple.
Les nombreuses sectes ou partis politico-religieux devaient choisir entre de nombreuses options intellectuelles et pratiques. Ce choix était orienté par la tension perpétuelle entre laxisme relatif et rigorisme moral et rituel, entre quiétisme et activisme, entre adaptation aux exigences de la nature humaine, aux nécessités du pouvoir ou de la lutte pour le pouvoir et messianisme mobilisateur prônant le retour immédiat à la Cité idéale de l'origine (Médine), entre observance ou conformisme disciplinés et élan personnel passionné vers Dieu.
L'argumentation était procurée par le texte du Coran -le livre dicté par Dieu à Mahomet et diversement interpreté-, par la Tradition concernant les faits et paroles du Prophète, plus ou moins codifée au cours du IXème siècle surtout, par les grands docteurs du haut Moyen-Age canonisés par leurs successeurs.

ci-dessous: Pages enluminées d'un Coran en langue gujerati (Inde)



Dans l'immense masse des discussions et controverses apparait l'influence de la philosophie grecque traduite en arabe, des traditions chrétiennes, juives, mazdéennes, hindouistes et autres. La dynamique interne de l'histoire des idées, les conditions politiques, économiques et sociales, la poussée sourde des substrats préislamiques dans chaque région se combinent pour faire surgir des phénomènes nouveaux, condamnés au départ: le culte des saints et la formation de conféries, associations de type monacal pour un culte plus fervent et plus exigeant. Dans ces cellules, entre autres se developpent des tendances mystiques, présentes dés l'origine, recherchant en théorie une laison directe, extatique du croyant avec Dieu.
Les états ont cherché à limiter au moins les déviations dangereuses par rapport à l'orthodoxie plus ou moins large qu'ils ont choisie. Souvent les intellectuels citadins pourchassés se sont réfugiés dans des cantons isolés où la population a exprimé son particularisme régional par l'adhésion à leurs idées. C'est encore un processus de formation de sectes censées representer le vrai islam, mais dont la synthese doctrinale est pénétrée de conceptions héritées du paganisme préislamique local, parfois aussi du christianisme, du judaisme, de l'hindouisme... Des syncrétismes se sont ainsi produits. L'activisme politique des sectes ou partis était conditionné par leurs chances de succés. Formations ouvertes au départ, comme l'islam dans son ensemble, elles ont souvent subi, surtout dans l'echec, l'évolution habituelle vers la structure fermée, sclerosée en adhérents d'un crédo héréditaire. L'association de verité est devenue normalement une nation ou quasi-nation.
Un certain oecuménisme intersectes domine toujours actuellement dans la subordination générale des problèmes religieux aux problèmes de structure politique, sociale et économique. Mais la coincidence de clivages éthniques avec des divisions entre sectes a eu l'effet contraire de revivifier, ici et là, la spécificité de celles-ci, avec l'effet permanent du facteur du "patriotisme de communauté" virulent à travers les ages et particulièrement de nos jours.
A l'heure actuelle, la fidélité à la Communauté musulmane, globale domine chargée d'un sens different selon les etnies, les groupes, les classes et ctégories sociales, les individus memes. Le plus souvent, la foi proprement religieuse et l'engagement dans la quête du salut jouent un rôle moindre que ce patriotisme de communauté globale, avec le sentiment d'une opposition historique millénaire aux sociétés chrétiennes et irreligieuses de l'Occident, d'une fidélité archarnée à des règles de vie supérieures, annonçant une société harmonieuse sur le modèle idéalisé du noyau médinois de l'origne, étendu à toute l'humanité.

Aprés avoir tenter, non sans difficultés de présenter les différentes tendances de l'islam. Passons à l'étude des deux courants majoritaires dans l'islam: sunnisme et shi'isme.

-Le Shi'isme:

Le shi'isme ne doit pas etre désigné comme une "hétérodoxie" par rapport à un sunnisme qui serait "l'orthodoxie" islamique. Il ni concile ni autorité pontificale en Islam pour déterminer ces positions dogmatiques, et l'idée de majorité n'est pas plus l'équivalent d'orthodoxie que celle de minorité n'est l'équivalent d'hétérodoxie. Le shi'isme représente une certaine manière de comprendre et de vivre l'islam qui remonte jusqu'au origines de celui-ci, c'est à dire au vivant meme du Prophète.

ci-dessous: une carte de la répartition des deux "communautés" à travers le monde.



Le mot "shi'isme" est bizarrement formé en formé en français par l'adjonction d'un suffixe tiré du grec au mot arabe shi'a. la racine d'où provient ce dernier connote l'idée de suivre, d'accompagner. La shi'a, c'est l'exemple de suivre, d'accompagner. La shi'a, c'st l'ensemledes adetes de l'école (il y a par exemple la Shi'a de Platon). Au sens strict du mot, la shi'a, le shi'isme, s'applique essentiellement aux fidèles qui professent la foien la mission des Douze Imams, c'est à dire les shi'ites duodécimains ou imamites tout court (le mot imam veut dire guide, principalement au sens spirituel). Au sens large le mot peut désigner une vaste famille en mesure de pouvoir se déclarer d'une ascendance shi'ite. Dans cette famille entrent les Ismaéliens (comme shi'ites septimains, differenciés des duodécimains à partir du VII ème Imam), et subsidiairement les Druzes et les Nosayris. D'autres branches, tel le zaydisme (yemen), forment en quelque sorte une transition avec le sunnisme.
Aprés le bref éclat jeté par les princes iraniens shi'ites de la dynastie des Bouyides (X ème s.), qui furent un moment les vrais maitres de l'empire abbaside, le schi'isme duodécimain eut à traverser des siècles de persécution qui le réduisirent à la clandestinité. C'est seulement avec l'avènement de la dynastie savafide au XVI ème siècle et la reconstitution de la souveraineté nationale iranienne qu'il put revivre au grand jour, ce qui ne veut nullement dire que la pensée shi'ite soit une création de l'époque savafide.



Ci-dessus: la grande mosquée shi'ite de Téhéran

La quasi-totalité de la population iranienne professe de nos jours le shi'isme; aussi bien dès les origines, le shi'isme avait-il pris fortement racine en Iran. Il y a, en outre, de forts îlots shi'ites en Irak (où en sont les lieux saints: Najf, Karbala, Kazimayn), au Liban, en Syrie, dans l'Inde, au Pakistan..., mais les statistiques, quand il y en a, ne fournissent pas des données numériques qui soient hors de doute. Aussi bien, par sa "discipline de l'arcane", le shi'isme échappe-t-il plus que toute autre formation religieuse aux statistiques.

Les périodes:

On peut à grands traits distinguer quatre périodes dans l'histoire du shi'isme duodécimain.
La première période est celle des saints Imams et de leurs adeptes et familiers. Elle s'étend jusqu'à la date qui marque le début de la "Grande Occultation" du XII ème Imam (329/940). Cette meme date est celle de la mort de l'un des premiers grand théologiens shi'ites, Mohammad ibn Ya'qub Kolayni, qui rassembla en un corpus de plusieurs dizaines de milliers de hadith les traditions rapportées des Imams, lesquelles, constituant la sunna ou tradition proprement shi'ite, sont aussi la source de toute la pensée shi'ite.
La deuxième période s'étend de cette date jusqu'à la mort du grand philosophe et théologien shi'ite, mathématicien et astronome, Nasir al-din Tusi (mort en 1274) celui qui, lors le sac de Baghdad par les Mongols (1258), réussit a sauver le quartier et la population shi'ite. Pendant cette période, les théologiens continuateurs de Kolayni pousuivent l'élaboration d'un corpus des traditions shi'ites formant plusieurs grandes sommes (celle d'Ibn Bubayeh Shaykh Saduq, celle de Shaykh Mofid, celle d'Abu Jafar Tusi...). D'autre part, avec Nasir al-din Tusi et ses élèves (notemment Allameh Hilli), la pensée shi'ite duodécimaine s'élabore en forme systématique qui, sans doute, vient ainsi postérieurement à celle des Ismaéliens (Agha khan), mais ceux-ci avaient bénéficié de l'intermède fatimide.

ci-dessous: Nasir al-din Tusi (celui qui lève les bras au centre) est ses éléves.



Une troisième période s'étend jusqu'à la renaissance savafide en Iran, au début du XVIème siècle, qui vit éclore avec l'école d'Ispahan la grande figure de Mir Damad (mort en 1631) et celles de ses nombreux élèves. Cette période fut extremement féconde et prépara cette renaissance meme, qui ne s'expliquerait pas sans le travail qui la précéda. S'opère alors la jonction entre la pensée shi'ite et le courant issu de l'oeuvre du grand théosophe Ibn Arabi; par là meme sont renouvelés les termes dans lesquels se pose le problème des rapports originels entre le shi'isme et le souffisme. On évoquera simplement les grands noms et les oeuvres massives de Shah Ni'mattullah Wali, Haydar Amoli, Ibn Abi Jomhur, Sa'in al-din Torkeh Ispahani, Rajab Borsi, Shams al-din Lahijit, commentateur du célèbre mystique d'Azerbaidjan, Mahmoud Shabestari.
La quatrième période, qui s'étend de la renaissance savafide à l'époque actuelle, se caractérise par un magnifique essor pour la philosophie comme pour la spiritualité (au XVIIème siècle: Mir Damad, Sadra Shirazi, Mohsen Fayz, Qazi Sa'id Qommi, Shaykh Ahmad Ahsa'i et son école, Hadi Sabzavari).
Bien entendu, ce schéma ne fait que dessiner les contours de l'histoire de la communauté shi'ite. Pour approcher le sentiment que celle-ci a de sa propre histoire, il faut cerner le sentiment qu'elle a de sa vocation secrète, et, pour celà, ou à partir de là, se conformer à l'optique de ses propres concepts, ceux qui seront indiqués ci-dessous.
C'est à leur lumière que, dans un demi-siècle peut-etre il sera possible de caractériser la période actuelle.


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MessageSujet: Re: L'Islam   Sam 28 Oct - 12:15

Je suis obligé de continuer sur un deuxieme message...

-Le phénomène religieux shi'ite et son essence:

Le phénomème shi'ite est en son essence un phénomène religieux, tél qu'il ne pouvait éclore qu'au sein d'une "communauté du Livre", c'est à dire rassemblée autour du "phénomène du Livre saint" révélé par un prophète. Il procède du fait que la première et la plus urgente question devant laquelle le "le Livre saint révélé" mette la communauté du Livre est celle-ci: quel en est le sens vrai ? Ce sens vrai est-il ce qu'énonce l'apparence littérale, extérieure ou exotérique (zahir) ? Ou bien cette apparence littérale n'est-elle que la métaphore et le revêtement d'un sens caché intérieur ou ésotérique (batin) ? Ceproblème est commun aux herméneutes (exegetes) du Qoran comme aux herméneutes juif ou chrétiens de la Bible. La profession de foi commune à tout le shi'isme est que tout zahir comporte un batin, comme le déclare un hadith du Prophète: "Le Qoran a un exotérique et un ésotérique; celui-ci à son tour a un ésotérique, ainsi de suite jusqu'à sept profondeurs ésotériques." Si il en est ainsi, la mission de révéler l'exotérique et celle d'initier à l'ésotérique ne peuvent etre confiées à la meme personne. Il s'ensuit que l'idée shi'ite de l'herméneutique des niveaux de signification du Qoran a partie liée avec la prophétologie shi'ite elle-même. Au prophète incombe la mission de "révéler" la Loi religieuse, l'apparence exotérique que Dieu "fait descendre" (tanzil) sur lui par l'intermédiaire de l'Ange. A l'Imam incombe de "reconduire" (ta'wil) cette apparence littérale à sa source et origine (asl), à son achétype ou Idée. La prophétologie se trouve ainsi nécessairement doublée par l'imamologie; figures du Prophète et de l'Imam sont aussi inséparables que tanzil et ta'wil, zahir et batin. C'est pourquoi, selon le jugement shi'ite, pour que le fidèle soit non seuleument un moslim (musulman) mais un croyant authentique, un vrai mu'im, il faut que sa shahadat, son attestation de foi, se déploie en une triple phase: attestation de l'Unité de l'Unique, attestation de la mission exotérique du Prophète, attestation de la mission ésotérique des Imams.
Imam et Prophète forment ainsi une bi-unité dont les deux termes sont indissociables. Ils sont une seule Lumière manifestée en deux personnes. C'est ce que le prophète Mahomet notifia à plusieurs reprises au premier Imam, Ali ibn Abi Talib, notemment et de la façon la plus solennelle dans le grand hadith de l'investiture: "Tu es par rapport à moi comme Aaron par rapport à Moise." Ce rapport est confirmé par les hadith dans lesquels l'Imam Ali atteste que pas un mot du Qoran ne fut révélé au Prophète sans que celui-ci ne l'ait instruit personnellement de la forme authentique du texte et de tous les sens cachés qu'il recélait, si bien que l'Imam était détenteur d'un Qoran intégral et authentique qu'au lendemain de la mort du prphète s'empressèrent de rejeter ceux qui imprimèrent alors à l'islam la direction historique... qu'ils lui imprimèrent. Celà explique les infirmités du textus receptus (version d'osman) dénoncées depuis toujours par les shi'ites.
Le rappot entre Imam et Prophète s'exprime d'autre part, à l'occasion de l'analyse et de l'activation de concepts caractérisant en propre le shi'isme. C'est ainsi que le concept de Nobowwat (prophètie) s'articule en un triple concept: celui de nabi (prophète tout court), celui de nabi-morsal (prophète missioné), celui de rasul ou de nabi chargé de révéler une Loi nouvelle, un Livre nouveau. Mais dans tous les cas, le concept de nabi présuppose le concept shi'ite caractéristique de walayat, laquelle est la dilection divine, la prédilection et l'amour par lesquels Dieu sacralise ses amis (les "Amis de Dieu", Awliya Allah) dès la prééternité. Tout nabi doit d'abord etre un wali, mais tout wali n'est pas forcément un nabi, la nobowwat ne faisant que se surajouter à sa walayat. D'où l'affirmation de la supériorité de la walayat sur la nobowwat, puisque celle-ci présuppose la première et n'est qu'une mission ad extra: la walayat est éternelle et permanente, la nobowwat a un caractère temporaire. L'affirmation de la supériorité de la walayat peut avoir des conséquences diverses; elle peut conduire à proclamer la supériorité radicale de l'Imam sur le Prophète, du batin sur le zahir. (C'est l'esprit de l'ismaélisme réformé d'Alamut, voir appendice)
En revanche, les shi'ites duodécimains, en s'efforçant de garder l'équilibre entre batin et zahir, considèrent la supériorité de la walayat sur la nobowwat telle qu'elle se présente dans la personne du Prophète, tandis que chez les Imams la walayat dérive de celle du Prophète. Du meme coup aussi se fait jour le contraste entre le concept sunnite du khalifat et le concept shi'ite de l'imamat. De l'héritage temporel et de l'héritage spirituel du Prophète le sunnisme n'envisage que le premier et sa transmission en la personne du khalife. Toutes les précellences intérieures que le shi'isme postule en la personne en la personne de l'Imam sont alors superflues. Il s'agit en somme d'un khalifat sans walayat, ne répondant à aucune nécessité à parte Dei, puisque le khalifat ne concerne que la bonne des affaires sociales et politiques; bref, la conception sunnite de l'imamat en la personne du khalif est une conception purement séculière et temporelle. En revanche, la conception shi'ite de l'Imam comme Wali Allah, "l'Ami de Dieu", est une conception qui investi l'Imam d'une fonction cosmique sacerdotale et fait de lui, comme Homme Parfait, le pôle mystique (qotb) grace auquel le monde de l'homme persévère dans l'être. Les auteurs shi'ites ont beaucoup insisté sur ces aspects. Certains estiment que Mahomet, n'ayant accepté d'être qu'un "serviteur prophète", et non pas un "roi prophète", ne pouvait transmettre aux Imams ses successeurs, qu'une royauté spirituelle, non pas une royauté temporelle. Aussi, pas plus qu'il n'y aurait de sens à faire un prophète par les hommes, il n'y en aurait à ce que fut élu l' "Ami de Dieu", l'Imam qui est le pôle de tous les Amis. La walayat , en tant que charisme propre de l'Imam et comme charisme que présuppose toute mission prophètique, est définie couramment comme "l'ésotérique de la prophètie et de la mission prophètique". Elle règle donc bien le rapport entre zahir et batin, entre prophètie et imamat. Le concept métaphysique qui fonde ce rapport est celui de la Haqiqat mohammadiya ou "Réalité mohammedienne éternelle".

-La théophanie et le plérome des Quatorze Immaculés:

Le shi'isme professe une théologie apophatique rigoureuse (la via negationis, le tanzih): la déité en soi est inconnaissable, insondable, ineffable, imprédicable..., c'est l'Absconditum, l'abîme de Silence auquel se sont referées toutes les gnoses. Cet Absconditum ne devient connaissable que par les figures qui en sont les théophanies et les manifestations. La théophanie primordiale constitue cette Réalité mohammedienne métaphysique dont le thème est l'équivalent, pour la pensée shi'ite, des théologies du Logos dans le néo-platonisme et dans le christianisme. Philosophes et theosophes sont d'accord pour méditer en la Réalité mohammedienne une double "dimension" intelligible: du côté des créatures, dimension ad extra , qui est en son côté exotérique, lequel correspond à la prophètie et à la personne du Prophète ordonnée à l'exotérique; l'autre "dimension", du côté de la Présence divine, qui est en son côté intérieur, ésotérique, correspondant à l'immamat et à la walayat. Le Logos mohammedien englobe donc quatorze entités ou Eons de Lumière: ce sont, considérées à leur niveau métaphysique de personnes de Lumière (shakhs nurani), les personnes du prophète, de Fatima sa fille et des Douze Imams. Leur ensemble est désigné comme le plerome des "Quatorze Immaculés" (ceux qu'aucune faute ni souillure ne peuvent atteindre). Le Prophète en représente donc le zahir ou exotérique; le plérome des Douze Imams en est le batin ou ésotérique; Fatima est le confluent de ces deux Lumières, prophètie et imamat, qui en est leur essence sont une seule et même Lumière.



ci-dessus: une représentation des Douze Imams

Les Douze Imams sont les suivants:
I- Ali ibn Abi Talib, émir ds croyants (morts en 661);
II- Al-Hasan al-Mojtaba (669)
III- Al-Hosayn, le "prince des martyrs", par référence à la tragédie de Kerbala.
IV- Ali Zaynol Abidin (711)
V- Mohammad al-Baqir (733)
VI- Jafar al-Sadiq (765)
VII- Musa al-Kazim (799)
VIII- Ali Reza (818)
IX- Mohammad Jawad al-Taqi (835)
X- Ali al-Naqi (868)
XI- Hasan al-Askari (874)
XII- Mohammad al-Qaim al-Mahdi al-Hojjat, l'Imam de la Résurrection.

Ce sont des figures qui polarisent la spéculation aussi bien que la dévotion shi'ite (laquelle a largement développé l'usage et les textes des liturgies privées).


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MessageSujet: Re: L'Islam   Lun 30 Oct - 13:08

Voici un bref appendice sur mon chapitre sur le shi'isme et ici plus particulièrement au sujet des Ismaéliens, dont le chef religieux est le célèbre et richissime Agha Khan.

L'ismaélisme, ou ismaïlisme est un courant de l'islam chiite. Ses membres sont appelés ismaéliens, ismaïliens (arabe اسماعيلي ismā`īlīy) et parfois désignés par le terme ambigu de septimains (sab'iya).

-Histoire:

L’origine de l’ismaélisme remonte à la mort en 765 du sixième Imam chiite et des querelles à propos de la succession qui s’ensuivit. Ja`far as-Sâdiq avait désigné son fils aîné Ismâ`il pour lui succéder, mais celui-ci mourut quelques années avant lui. Une partie de la communauté chiite qui formera ultérieurement la branche imamites choisit son autre fils Mûsâ al-Kâzim comme septième Imam. Les futurs ismaéliens quant à eux rejetèrent cette décision et se rassemblèrent autour du fils d’Ismâ`il, Muhammad ben Ismâ`il qui devint leur nouvel imam. D’autres qui n'admettaient pas la mort d’Ismâ`il répandirent la croyance de son occultation et la promesse de son retour sous les traits du Mahdi. Persécutés, les ismaéliens continueront à vénérer secrètement leur imam tout en déployant un prosélytisme (da’wa) très actif d’abord au Moyen-Orient puis à travers tout le monde musulman. Ils parviendront ainsi à s'établir au Maghreb parmi les berbères puis se lanceront à la conquête de l’Égypte où ils fonderont la glorieuse dynastie fatimide. D’autres ismaéliens aux idées révolutionnaires, les qarmates qui récusaient le pouvoir des califes-imams fatimides, créeront un État à Bahrein et marqueront l’histoire par leur usage excessif de la violence. Les ismaéliens connaîtront durant le califat fatimide une nouvelle rupture en 1094, à la mort du calife Al-Mustansir Billah qui engendrera deux groupes rivaux : les Nizârites et les Musta'liens.

-Théologie:

Des ismaéliens professent des doctrines très complexes influencées par les néo-platoniciens, le gnosticisme, le manichéisme ainsi que par des croyances empruntées aux autres confessions. Très tôt, ils se sont distingués par leur façon très particulière de concevoir la religion. Pour eux, l’islam renferme deux principes complémentaires, l’un exotérique (zâhir) représenté par le prophète et la sharia, l’autre ésotérique (bâtin) personnifié par l’imam et l’interprétation mystique de la loi islamique. Les ismaéliens sont donc adeptes de l'interprétation allégorique des textes qui doit mener les croyants à la connaissance de la vérité suprême. À Alamut, les Nizârites réformeront l’ismaélisme, en abandonnant définitivement les prescriptions rituelles islamiques pour se focaliser uniquement sur le côté ésotérique de leur foi.

Avant la réforme d'Alamut, le principal théologien se nomme :

Nasir e Khosraw

Après la réforme, il faut se référer à :

Nasir Tusi

-L'Ismaélisme aujourd'hui:

Les Ismaéliens modernes sont parfois désignés par le terme néo-ismaéliens; ils seraient plus de 15 millions vivant pour leur grande majorité en Inde, Pakistan, Syrie, Yémen. Ils se partagent en deux grandes communautés : les Bohras issus des Mustaliens et les nizârites dont le chef spirituel l’Aga Khan s’est établi en Inde. On trouve aussi en Syrie et au Liban les Druzes, membres d’une secte initiatique dérivée de l’ismaélisme fatimide.

-L'Agha khan actuel:

Le leader de la communauté ismélienne vit à Genève depuis sa naissance. Sa Majesté le Prince Karim Aga Khan IV est né en 1936, à Genève. Il est le fils du Prince Aly Khan et de la Princesse Tajudaulah, fille de Lord Churston. Le prince Aga Khan IV est un descendant direct du Prophète Mahomet, par son cousin Ali, le premier Imam, et sa femme Fatima, la fille de Mahomet.

Le Prince Aga Khan IV passe sa prime jeunesse à Nairobi, au Kenya et rentre ensuite pour 9 années à l' école du Rosey, à Rolle. A l'âge de 20 ans, il succède à son grand-père, Sir Mohammed Shah Aga Khan, ancien président de la Société des Nations. Karim Aga Khan devient le 49ème Imam de la communauté islamique ismaélienne.

Après sa licence en histoire islamique à Harvard en 1959, Karim Aga Khan guide la communauté ismaélienne, qui est répartie dans plus de 25 pays, principalement en Asie centrale, au Moyen-Orient et en Europe.

La famille régnante des Aga Khan perpétue aujourd'hui l'esprit international de la communauté. Le Prince Aly Khan était ambassadeur du Pakistan aux Nations-Unies, et le Prince Sadruddin Aga Khan, oncle de Karim, a été notamment Haut Commissaire aux Réfugiés.

En 1998, le Prince Aga Khan IV épouse en secondes noces la Bégum Inaara. Le couple royal vit à Genève, où le Prince continue ses activités philantropiques. Il a créé de nombreuses fondations, comme l'Aga Khan Foundation ou l'Aga Khan University, regroupées sous l'Aga Khan Development Network.



Sujet réalisé grace au concours de l'encyclopédie wikipédia (le sujet sur les shi'ites me prend déjà pas mal de temps alors en plus si je dois en plus faire un topo sur les Ismaeliens Mr green )
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MessageSujet: Re: L'Islam   Lun 30 Oct - 15:50

Bon je crois que j'ai bien bosser aujourd'hui !

Alors si vous avez des questions sur ce sujet, n'hésitez pas ! Ce qui serai plus que compréhensible, surtout au vue de la complexité de la question...








P.S: faites un effort pour lire plus souvent ce post Very Happy Je me donnes du mal et il est meme pas dans le top 10 des sujets les plus populaires ! Sad
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citoyenhmida
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MessageSujet: l'islam   Jeu 25 Jan - 15:49

Bravo!

Comme tu dis, tu as bien travaillé! Car il nest pas facile pour une musulman de saisir les subtilités de certains aspects de l'islam.

Tu as très bien présenté l'islam en tant que religion!

Mais il se trouve que depuis quelques décénies, l'islam apparait somme une force politique et c'est que qui a engendré l'islamisme, puis l'intégrisme!

En effet devant l'imposibilités de certains musulmans d'imposer soit chez eux soit dans leurs communautés nationales expatriées une forme d'islam politique, le passage à l'intégrisme a été franchi et certains sont tombés dans le fanatisme le plus redoutable!

Je ne sais si les participants de ce forum ont bien conscience de problème et s'ils l'apréhendent correctement!

J'aimerais bien avoir leur avis à ce sujet!
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citoyenhmida
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MessageSujet: l'islam   Jeu 25 Jan - 15:57

Dans mon pessage précédent je voulais dire : il n est pas facile pour un NON MUSULMAN"....bien sûr...
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MessageSujet: Re: L'Islam   Jeu 25 Jan - 16:44

Pas immédiatement le temps de te répondre , mais question intéressante.

[S'il te plaît, Hmida, ne clique pas sur Nouveau, mais bien Répondre quand tu veux poursuivre une discussion car tu as créé un nouveau sujet "Islam"! Wink

C'est pas grave, ça viendra... Mr green ]
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MessageSujet: Re: L'Islam   Jeu 25 Jan - 23:48

ok ! noté!
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MessageSujet: Re: L'Islam   

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